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Bonjour Monsieur Bernard
Dehem.
Vous avez été ordonné en 1989. A l'époque, vous êtes marié à
Mireille depuis 12 ans, vous avez quatre enfants. Qu'est-ce qui
pousse un homme déjà bien occupé par sa famille et son travail à
devenir Diacre ?
Ce fut un long cheminement : après ma
profession de foi, j'avais délaissé l'Église jusqu'à notre
mariage que Mireille et moi avons voulu religieux : ce fut un
premier pas. Ensuite vinrent les différentes préparations au
Baptême de nos quatre enfants : ce furent d'autres pas et,
continuant d'avancer, je repris le chemin de cette Église où
j'avais cru ne plus avoir ma place.
Accueilli par la communauté chrétienne, je fus
sollicité pour divers services d'Église : catéchèse, liturgie,
chorale, etc.…
Vous auriez pu en rester
là ! Pourquoi vouloir devenir Diacre ? |
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Bernard DEHEM,
diacre permanent de notre doyenné |
À cause de ce mot que vous n'avez pas dit : "PERMANENT"
Un dimanche, à la suite d'une homélie de l'Abbé
Leconte (curé de notre village) sur le diaconat, au sortir de
l'église, j'ai pris une revue sur ce sujet dont nous avons discuté
ensemble à la maison avec mon épouse. Puis je l'ai oubliée au fond
d'un tiroir : je ne me voyais pas en aube à l'Autel portant l'étole.
Je repris ma vie dans les divers mouvements
d'Église jusqu'au jour où je reçus "l'appel" d'une religieuse :
"Bernard ! as-tu jamais pensé au Diaconat ?".
De nouveau, avec mon épouse, nous avons réfléchi à
cette éventualité, nous avons décidé que j'en parlerais à l'abbé
Leconte qui me connaissait depuis l'enfance.
Quand je lui eus exposé mon désir, il eut cette
phrase : "Bernard, je sais très bien que les dalles de
l'église n'ont pas été usées par la semelle de tes chaussures, mais…
je t'attendais."
De ce jour, j'ai voulu que mon engagement pour le
Christ soit total, j'ai voulu devenir "Diacre PERMANENT", quelque
chose de définitif en somme, je voulais devenir serviteur à vie pour
les autres.
C'est à cette époque, le dimanche de Pâques, qu'un
accident survenu au frère de mon épouse, alors âgé de 18 ans, est
venu endeuiller notre famille. Il nous a fallu se poser beaucoup de
questions pour tenter de comprendre ce qui nous arrivait et pouvoir
continuer à aller de l'avant.
L'histoire de la vie de Saint François d'Assise
dont le livre me fut offert a aussi contribué à ma réflexion . |
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Comment vit-on cet engagement de témoin actif
de la Foi Chrétienne dans le milieu familial et professionnel ?
Avec mon épouse nous avons beaucoup parlé;
avec mes enfants j'ai appris à dialoguer; nous avons fait le
cheminement ensemble et mon engagement leur est devenu naturel.
D'ailleurs tous ont écrit une lettre de motivation à Mgr Vilnet
en vue de mon ordination diaconale que j'ai reçue de Mgr
Deldicque alors Évêque auxiliaire de Lille.
Les gens avec qui je travaillais parlaient :
travail, actualités, foot, etc.…
Après mon ordination on vint me parler:
famille, problèmes de couples, problèmes avec les enfants. Je
devins un confident, on me demanda de baptiser, de célébrer des
mariages.
Moi qui, par nature, était peu communicatif,
je me suis ouvert aux autres, j'ai découvert l'écoute, le
dialogue.
Grand-père de quatre
petits-enfants, le dernier depuis quelques jours, vous êtes à
présent préretraité.
Vous deviez rencontrer le Vicaire Épiscopal de zone Michel Petiprez
ainsi que le Vicaire pour le diaconat permanent Nicolas Tiberghien
(nouveau Doyen et Curé de Merville), afin de redéfinir votre mission
dans notre secteur.
Qu'en est-il à l'heure actuelle ?
Je les ai rencontrés il y a deux mois
maintenant. Ensemble nous avons redéfini ma mission à
l'intérieur du Doyenné:
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Comme tout Diacre, j'ai à vivre mon
ministère en m'appuyant sur ma vie familiale, le premier
lieu de mon ministère étant ma famille.
-
Ensuite le contact et l'écoute de ceux qui
sont loin de l'Église, par ma présence dans la vie locale,
association de loisir, ou de retraités.
-
Continuer d'avoir le souci de visiter les
malades et les personnes âgées en leur apportant soutien et
réconfort, ce qui faisait déjà partie de ma mission
précédente.
-
Avoir la préoccupation d'inciter les
communautés chrétiennes à ne pas oublier ceux qui souffrent
de solitude ou de maladie.
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En lien avec notre Doyen et les prêtres du
Doyenné, participer à la vie liturgique et sacramentelle :
Eucharistie, Mariage, Baptême, en me mettant au service des
chrétiens.
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Annoncer la parole de Dieu, en particulier
par la prédication dominicale.
Propos recueillis par André H. pour le journal "En Communauté"
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