Pourquoi devient-on Diacre permanent ?

Nous sommes allés poser cette question à Bernard Dehem,
arrivé depuis juin dernier à Le Doulieu  et seul Diacre de notre doyenné

Bonjour Monsieur Bernard Dehem.
Vous avez été ordonné en 1989. A l'époque, vous êtes marié à Mireille depuis 12 ans, vous avez quatre enfants. Qu'est-ce qui pousse un homme déjà bien occupé par sa famille et son travail à devenir Diacre ?

Ce fut un long cheminement : après ma profession de foi, j'avais délaissé l'Église jusqu'à notre mariage que Mireille et moi avons voulu religieux : ce fut un premier pas. Ensuite vinrent les différentes préparations au Baptême de nos quatre enfants : ce furent d'autres pas et, continuant d'avancer, je repris le chemin de cette Église où j'avais cru ne plus avoir ma place.

Accueilli par la communauté chrétienne, je fus sollicité pour divers services d'Église : catéchèse, liturgie, chorale, etc.…

 

Vous auriez pu en rester là !   Pourquoi vouloir devenir Diacre ?


Bernard DEHEM,
diacre permanent de notre doyenné


À cause de ce mot que vous n'avez pas dit : "PERMANENT"

Un dimanche, à la suite d'une homélie de l'Abbé Leconte (curé de notre village) sur le diaconat, au sortir de l'église, j'ai pris une revue sur ce sujet dont nous avons discuté ensemble à la maison avec mon épouse. Puis je l'ai oubliée au fond d'un tiroir : je ne me voyais pas en aube à l'Autel portant l'étole.

Je repris ma vie dans les divers mouvements d'Église jusqu'au jour où je reçus "l'appel" d'une religieuse : "Bernard ! as-tu jamais pensé au Diaconat ?".

De nouveau, avec mon épouse, nous avons réfléchi à cette éventualité, nous avons décidé que j'en parlerais à l'abbé Leconte qui me connaissait depuis l'enfance.

Quand je lui eus exposé mon désir, il eut cette phrase : "Bernard, je sais très bien que les dalles de l'église n'ont pas été usées par la semelle de tes chaussures, mais… je t'attendais."

De ce jour, j'ai voulu que mon engagement pour le Christ soit total, j'ai voulu devenir "Diacre PERMANENT", quelque chose de définitif en somme, je voulais devenir serviteur à vie pour les autres.

C'est à cette époque, le dimanche de Pâques, qu'un accident survenu au frère de mon épouse, alors âgé de 18 ans, est venu endeuiller notre famille. Il nous a fallu se poser beaucoup de questions pour tenter de comprendre ce qui nous arrivait et pouvoir continuer à aller de l'avant.

L'histoire de la vie de Saint François d'Assise dont le livre me fut offert a aussi contribué à ma réflexion .


Comment vit-on cet engagement de témoin actif de la Foi Chrétienne dans le milieu familial et professionnel ?

Avec mon épouse nous avons beaucoup parlé; avec mes enfants j'ai appris à dialoguer; nous avons fait le cheminement ensemble et mon engagement leur est devenu naturel. D'ailleurs tous ont écrit une lettre de motivation à Mgr Vilnet en vue de mon ordination diaconale que j'ai reçue de Mgr Deldicque alors Évêque auxiliaire de Lille.

Les gens avec qui je travaillais parlaient : travail, actualités, foot, etc.…

Après mon ordination on vint me parler: famille, problèmes de couples, problèmes avec les enfants. Je devins un confident, on me demanda de baptiser, de célébrer des mariages.

Moi qui, par nature, était peu communicatif, je me suis ouvert aux autres, j'ai découvert l'écoute, le dialogue.

 

Grand-père de quatre petits-enfants, le dernier depuis quelques jours, vous êtes à présent préretraité.
Vous deviez rencontrer le Vicaire Épiscopal de zone Michel Petiprez ainsi que le Vicaire pour le diaconat permanent Nicolas Tiberghien (nouveau Doyen et Curé de Merville), afin de redéfinir votre mission dans notre secteur.
Qu'en est-il à l'heure actuelle ?

Je les ai rencontrés il y a deux mois maintenant. Ensemble nous avons redéfini ma mission à l'intérieur du Doyenné:

  • Comme tout Diacre, j'ai à vivre mon ministère en m'appuyant sur ma vie familiale, le premier lieu de mon ministère étant ma famille.

  • Ensuite le contact et l'écoute de ceux qui sont loin de l'Église, par ma présence dans la vie locale, association de loisir, ou de retraités.

  • Continuer d'avoir le souci de visiter les malades et les personnes âgées en leur apportant soutien et réconfort, ce qui faisait déjà partie de ma mission précédente.

  • Avoir la préoccupation d'inciter les communautés chrétiennes à ne pas oublier ceux qui souffrent de solitude ou de maladie.

  • En lien avec notre Doyen et les prêtres du Doyenné, participer à la vie liturgique et sacramentelle : Eucharistie, Mariage, Baptême, en me mettant au service des chrétiens.

  • Annoncer la parole de Dieu, en particulier par la prédication dominicale.


Propos recueillis par André H. pour le journal "En Communauté"