LA CÉLÉBRATION DE LA CONFIRMATION

1. Qui donne le sacrement de confirmation ?

L'évêque est le "ministre ordinaire" du sacrement de confirmation. L'évêque représente pleinement l'Église. Il est le successeur des apôtres et ainsi il rend visible le lien entre l'Église d'aujourd'hui  et l'Église des apôtres. Le fait que ce soit l'évêque qui donne la confirmation manifeste l'intégration des confirmés à l'Église.

Lorsque l'évêque ne peut pas être présent, il délègue expressément ses pouvoirs à un prêtre, souvent son vicaire général, qui confirme à sa place. De plus le Saint Chrême utilisé pour l'onction est toujours consacré par l'évêque.

Le célébrant et les prêtres qui concélèbrent portent des ornements rouges comme pour la fête de la Pentecôte.

 2. Comment se déroule la cérémonie de la confirmation ?

La cérémonie débute toujours par la liturgie de la parole. Un choix de lectures est offert pour annoncer la venue de l'Esprit, mais le plus souvent c'est le récit de l'événement de la Pentecôte.

La liturgie du sacrement commence par l'appel : chacun des confirmands est appelé par son nom, comme au baptême. Les confirmands font leur profession de foi qui renouvelle celle de leur  baptême.

Puis, l'évêque  étend les mains sur l'ensemble des confirmands en demandant à Dieu de leur donner la plénitude des dons de l'Esprit.

Ensuite chaque confirmand est présenté à l'évêque par son parrain ou sa marraine qui met la main sur son épaule.

L'évêque marque son front en traçant une croix avec l'huile parfumée, qu'on appelle le "Saint Chrême". En même temps il lui dit cette parole "N. sois marqué de l'Esprit Saint le don de Dieu".

Enfin, le rite du sacrement s'achève par un signe de paix amical, un geste d'amitié (la fameuse “gifle” !).

3. Quelle est la signification de l'imposition des mains ?

L'évêque et les prêtres qui concélèbrent étendent  les mains sur  l'ensemble des confirmands en demandant à Dieu de leur donner la plénitude des dons de l'Esprit.  Ce geste de l'imposition des mains renouvelle le geste par lequel les apôtres confèrent à l'origine le don de l'Esprit Saint. C'est un rite de transmission d'un don ou d'un pouvoir spirituel, un geste de consécration. Les célébrants transmettent l'Esprit qu'ils ont eux même reçu.

Pendant l'imposition des mains, l'évêque dit seul : "Dieu très bon, Père de Jésus le Christ, notre Seigneur, regarde ces baptisés sur qui nous imposons les mains : par le baptême, tu les as libérés du péché, tu les a fait renaître de l'eau et de l'Esprit.

Comme tu l'as promis, répands maintenant sur eux ton Esprit Saint. Donne-leur en plénitude l'Esprit qui reposait sur ton fils Jésus : esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et d'affection filiale; remplis-les de l'esprit d'adoration. Par Jésus Christ, notre Sauveur, qui est vivant pour les siècles des siècles"

4. Quel est le symbolisme de l'onction de Saint Chrême ?

L'onction d'huile se retrouve dans plusieurs sacrements : le baptême, l'onction des malades et l'ordination avec des symbolismes divers. A la confirmation, l'onction de Saint chrême symbolise le don de l'Esprit Saint qui pénètre au plus intime du cœur.  Comme l'huile pénètre le corps sur lequel elle est répandue, l'Esprit envahit l'être du confirmand. Le confirmand reçoit la marque, le sceau de l'Esprit saint.

Le Saint Chrême est un parfum fait d'huile d'olive additionnée de baume odoriférant. Le parfum de cette huile manifeste la présence de quelqu'un qu'on ne voit pas, celle de l'Esprit et il invite le confirmand à répandre la bonne odeur de l'Évangile.

Le Saint Chrême est consacré par l'évêque chaque année, pendant la semaine sainte, souvent le Jeudi Saint, au cours d'une messe qu'on appelle la "messe chrismale".

5. Le geste essentiel est-il l'imposition des mains ou l'onction de Saint Chrême ?

A l'origine, l'évêque conférait le don de l'Esprit par l'imposition des mains comme l'avaient fait les apôtres. Puis, l'onction de saint Chrême s'ajouta à l'imposition des mains en Occident et se substitua à elle en Orient. Paul VI a précisé en 1971 que c'est l'onction de Saint Chrême et non l'imposition des mains qui est le geste essentiel du sacrement.

6. La confirmation dans les rites orientaux et chez les protestants

Les rites orientaux tiennent beaucoup à l'unité des trois sacrements de l'initiation chrétienne : baptême, confirmation et eucharistie. La confirmation est donc donnée en même temps que le baptême aux petits enfants. Il en résulte que c'est le prêtre, et non l'évêque qui donne habituellement la confirmation.  Les orientaux  appellent ce sacrement "chrismation" (onction de chrême).  L'onction est faite pas seulement sur le front, mais aussi sur les sourcils, les yeux, les narines, les lèvres, les oreilles, la poitrine, les mains et les pieds.

Les protestants pensent que la plénitude des dons du Saint Esprit est conférée par le baptême et qu'elle n'a pas besoin d'être confirmée. Ils proposent aux jeunes, à la fin de l'adolescence, de faire une profession de foi pour confirmer l'engagement de leur baptême. Cette confirmation du baptême n'est pas un sacrement, mais c'est un acte solennel qui peut comporter la bénédiction des confirmands par l'imposition des mains du pasteur. La confirmation, qui avait été supprimée, a fait son retour au 18ème siècle chez les calvinistes en France.